La Grande-Bretagne revient à la méthode syllabique

En 1998, les experts se sont demandés pourquoi entre 25 et 30 % des enfants de Grande-Bretagne ne pouvaient accéder à l’enseignement secondaire à cause de leur mauvais niveau de langue.

Dans la plupart des cas, les difficultés concernaient davantage l’orthographe que la lecture.

La langue anglaise utilise environ 34 sons différents, représentés par près de 176 symboles ou combinaisons de lettres. La seule solution pour déchiffrer l’écriture et pour avoir une bonne lecture est donc de reconnaître les composants des mots.

Seule la méthode syllabique permet d’y arriver.

  • Pourquoi la méthode syllabique ?

Près d’un enfant sur 4 en Grande-Bretagne éprouve de grandes difficultés face à la langue anglaise. Les élèves ne connaissent que vaguement un mot, en le reconnaissant visuellement par sa forme, résultat direct de la méthode globale qui a été appliquée de façon quasi-généralisée jusqu’en 1998.

Bon nombre de personnes qui ont quitté le système éducatif s’avèrent incapables de connaître la structure d’un mot et ses composants. Beaucoup de chefs d’entreprise se plaignent du faible niveau de connaissances de base lorsque les anciens élèves du secondaire entrent sur le marché du travail. Ainsi, l’apprentissage par la méthode globale a mené le pays à un gouffre éducatif sans précédent.

  • La réforme

Le National Literacy Strategy a décidé au début des années 2000 de promouvoir la méthode syllabique au sein de certains établissements sans prendre en compte le milieu social et l’origine ethnique des élèves.

Les résultats sont probants : en 2006, toutes les écoles ayant opté pour la méthode syllabique ont pu constater une formidable amélioration du niveau de leurs élèves. Les professeurs reconnaissent l’importance de « développer une approche basique de la langue, en partant de la base, donc des phonèmes. Cela permet aux élèves d’orthographier sans problème et de lire bien mieux ».

Une étude de sept années conduite dans des écoles écossaises montre que les élèves de 11 ans ayant suivi la méthode syllabique se sont révélés largement en avance par rapport aux autres enfants de leur âge.

  • Professeurs, parents et élèves témoignent

«  Cette méthode est tellement évidente ! Je me demande comment nous avons fait pour la perdre de vue. C’est l’essence même de mon métier de professeur. »
N.F, enseignant dans le primaire

« J’ai vu la transformation chez mon fils. Il est beaucoup plus heureux d’aller à l’école et beaucoup plus curieux. Je le sens beaucoup plus épanoui »
Une mère d’élève

« Je voudrais remercier mon professeur pour m’avoir expliqué comme ça. Apprendre à lire m’a semblé tellement facile ! »
Ed, 7 ans