Savoir lire : un enjeu capital

Savoir lire permet de se cultiver et de découvrir le monde. Mais cela permet d’abord au quotidien de pouvoir évoluer dans la rue, de conduire, de faire ses courses et de pouvoir occuper convenablement un emploi. De plus en plus de chefs  d’entreprise considèrent que le niveau de langue et d’orthographe est un critère essentiel pour l’embauche d’un salarié, même pour une profession manuelle.

Nous devons donc bien réaliser que défendre la méthode syllabique et une instruction de qualité est tout ce qu’il y a de plus concret pour l’avenir de nos enfants et de notre société.

Nous parlons ici de la vie des gens, de talents gâchés et de potentiel humain perdu à cause d’un mauvais apprentissage de la lecture.

  • Des difficultés au quotidien

Il y a toujours eu des gens qui ont des difficultés face à l’écrit. Mais les changements intervenus dans notre société industrielle, en accélérant les mutations technologiques du monde du travail, ont renforcé les problèmes des illettrés.

Par exemple, il y a trente ans, les difficultés face à l’écrit n’empêchaient personne de travailler et d’être inséré dans la société. Un mécanicien pouvait ne pas savoir lire, écrire ni compter mais très bien réparer une voiture. De nos jours, il lui faut accomplir un minimum de tâches administratives comme, par exemple, remplir un bordereau avec le numéro avec le numéro d’immatriculation de la voiture et le nom de son propriétaire.

C’est un type de tâche auquel il n’a pas été préparé et, compte tenu de ses difficultés, il ne peut pas y faire face. Il se retrouvera exclu du monde du travail alors qu’il possède un réel savoir-faire. Il en va de même pour un nombre croissant de personnes qui exerçaient auparavant un emploi et qui aujourd’hui sont progressivement marginalisées et exclues.

  • Des conséquences personnelles importantes

Ainsi, un élève qui a mal appris à lire et qui quitte l’école sans avoir pu résoudre ses problèmes, est mis en danger professionnellement et socialement !

Un jeune interrogé par une chaîne de télévision a confié ne pas savoir lire et ressentir cela comme « être au-dessus d’un trou sans protection ». Beaucoup de personnes préfèrent démissionner et perdre leur emploi plutôt que de reconnaître qu’elles sont illettrées.

L’illettrisme crée un sentiment de honte et d’impuissance. Il est extrêmement difficile pour les personnes ne sachant pas lire d’avoir confiance en elles et d’essayer de rattraper leur retard des années après avoir quitté le système scolaire.

  • Les chiffres en France

En 1979, au questionnaire de la CEE (ex-appellation de l’Union européenne) sur l’illettrisme, la France avait répondu qu’il n’en existait pas dans notre pays.

Or, selon le comptage qui a été enfin fait par l’INSEE en 2004, on dénombre trois millions d’illettrés.

Nous disposons également des renseignements émanant du ministère de l’Éducation nationale sur les enfants en situation d’échec scolaire.

On dénombre de 1 à 2 % d’analphabètes et 13 à 17 % de jeunes qui éprouvent des difficultés à lire, écrire et compter. Près de 25 % des enfants ne maîtrisent ni la lecture, ni l’écriture à la fin de l’école primaire. Les possibilités de rattrapage dans le secondaire pour certains permettent d’atteindre la fourchette des 13 %-17 % à 20 ans, ce qui montre que moins d’un élève sur deux intégrant le collège avec des difficultés parvient à les surmonter.