Syllabique / globale : un vieux conflit

La méthode syllabique est la méthode traditionnelle d’apprentissage de la lecture.

La méthode globale est dès son origine la méthode des pédagogistes, désireux de transformer en profondeur le système éducatif.

C’est un Français, Nicolas Adam, qui l’a décrite le premier dès 1787. À cette époque, les théories déjà avancées de Rousseau conquièrent peu à peu les esprits. Le désir des révolutionnaires de rénover la société française et de détruire les traditions passe aussi par l’éducation des enfants. La pédagogie conquiert son public… peu importent ses résultats.

C’est en Belgique, au début du XXe siècle qu’elle est développée par le pédagogue Ovide Decroly. Il prône la perception globale des phrases et non plus l’apprentissage des lettres et des syllabes.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale en France, le plan Langevin-Wallon, instigateur du collège unique lance une grande réflexion sur l’enseignement du français.

À la fin des années 1960, les manuels d’apprentissage reposent principalement sur la méthode globale.

En 1990 apparaissent les premiers instituts de formation des maîtres, mieux connus sous le nom d’IUFM. Ces lieux de formation font la part belle aux idées des pédagogistes. Ces instituts forment principalement les aspirants enseignants à la méthode globale et aux thèses selon lesquelles le savoir passe après l’épanouissement des enfants. L’école est avant tout un lieu où les élèves apprennent davantage à « vivre ensemble » qu’à lire, écrire, compter…

En 2000, l’enquête PISA révèle les dégâts de la méthode globale, quasiment appliquée dans toutes les écoles.

En 2003, la France recule de quatre places dans ce classement. Mauvaise élève de l’OCDE, elle récolte les fruits d’une méthode de lecture critiquée par les spécialistes mais appliquée à pratiquement l’ensemble des écoles. Quand pédagogisme et intérêts des enfants ne font pas bon ménage…

Par une circulaire du 3 janvier 2006, le ministre de l’Éducation, Gilles de Robien, a interdit l’usage de la méthode globale et de ses dérivés. Hélas, cette victoire fut de courte durée puisqu’un arrêté en mars de la même année ayant pour objet de préciser les programmes a donné la définition de la méthode semi-globale. Cet arrêté a donné des armes aux syndicats qui n’ont pas hésité à sauter sur l’occasion pour affirmer qu’ils n’appliqueraient pas la réforme ! Pour la rentrée scolaire de 2006, ils ont même fait éditer des brochures vantant les mérites des méthodes à départ global.

Cet épisode, assez méconnu du grand public laisse imaginer que la méthode syllabique a été réintroduite dans les écoles en 2006, or, il n’en est rien !

Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons agir en faveur de la méthode syllabique.